The future is dark, which is the best thing the future can be, I think.
Journal de Virginia Woolf le 18 janvier 1915.
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Alors que notre travail avec le collectif INVIVO reprend doucement, je pensais à notre spectacle 24/7, écrit entre 2015 et 2018. Au moment de sa création je craignais qu'il ne soit rapidement dépassé, notre fiction ressemblant furieusement au réel qui s'était déplié en l'espace de 3 ans. Mais après ce début d'année 2020, je ne vois pas comment continuer à écrire de l'anticipation. La vie me semble infiniment plus étrange, complexe, perturbante que n'importe quel scénario que je pourrais imaginer. Enfin, en ce moment nous travaillons à partir d'un texte déjà écrit, pour la première fois, et je trouve plaisant de parler du présent au travers des mots d'un auteur mort il y a 70 ans.
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Now imagine that this story – and a hundred more that paint a picture of resilience and joyful thriving through and after a just climate transition – is the one that leaps most readily to mind when the wildfires rage or your city floods. Imagine the political will engendered by the gap between what we imagine our country can do and what our leaders believe is politically possible.
[…]
I make no claim to predicting the future. I make up stories. Stories are better than predictions: predictions tell us that the future is inevitable. Stories tell us that the future is up for grabs.
Un article de Cory Doctorow écrit en décembre 2019… Quelques mois plus tard, certaines parties sonnent bizarrement mais je continue de croire qu'il est possible d'imaginer un futur désirable, où la catastrophe climatique ne rend pas notre seul lieu de vie inhabitable. Ce rêve-là est d'ailleurs indissociable d'un autre, où les catégories sociales ont tellement perdu de leur pouvoir qu'elles en deviennent obsolètes. C'est ce qu'avance Kaoutar Harchi en conclusion d'un article simple et clair sur la notion de privilège, de blanchité, et l'objectif des luttes antiracistes (de toutes les luttes contre les oppressions, en vérité.)
Le recours intensif au concept de « privilège blanc » signe l’avancement sinueux du néolibéralisme jusqu’au cœur des pratiques politiques de résistance. Il individualise la question politique raciale et, de là, la dépolitise. Plus encore : ce sont les possibilités d’émancipation des groupes dominés que l’on indexe et conditionne, paradoxalement, au bon vouloir autocritique des groupes dominants. Comme il importe de travailler à une société sans classe — entendre sans domination de la classe capitaliste sur le reste de la société —, il importe de travailler à l’édification d’un monde libéré des catégories sociales de race. Cela, seules l’organisation, la mobilisation et l’action collectives le permettront.
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Je pense que le monde d’après doit commencer maintenant. Je n’en peux plus de l’après, je vis maintenant et ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est ce que l’on peut faire tout de suite et avec qui pour opérer des changements concrets.
Une interview enthousiasmante de Corinne Morel Darleux par Pauline le Gall pour Women who do stuff. Sur l'écosocialisme, le monde d'avant et celui d'après.
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De tous les articles écrits au cours des derniers mois, alors que la pandémie commençait à toucher le monde entier, ceux qui traitent du confinement ont vieilli le plus rapidement, je trouve. Mais cet extrait d’un article de Sam Anderson me semble toujours aussi parlant.
What a caterpillar is doing, in its self-imposed quarantine, is basically digesting itself. It is using enzymes to reduce its body to goo, turning itself into a soup of ex-caterpillar — a nearly formless sludge oozing around a couple of leftover essential organs (tracheal tubes, gut). Only after this near-total self-annihilation can the new growth begin.
