Aujourd’hui, je m’intéresse à ce que nous racontent les plantes. D’ailleurs, des musicien·nes donne une voix aux végétaux en mesurant les fluctuations de conductivité (liées au déplacement de l’eau dans la plante) entre une feuille et l’autre, pour les transposer en musique.
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Cet article présente les hypothèses de certains biologistes selon laquelle la cuticule transparente des feuilles des plantes ferait office de lentille pour une forme de vision, conférant à la feuille le statut d’œil ou plutôt d’ocelle. En cherchant à en savoir plus je suis principalement tombée sur des débats entre chercheurs qui laissent la place au doute quand à cette théorie. On sait que les plantes synthétisent la lumière, mais certaines semblent percevoir davantage : des images composées de formes et de couleurs. Ainsi, Boquila trifoliolata, une liane d’Amérique du Sud, imite l’apparence des plantes les plus proches d’elles. L’article parle d’une expérimentation montrant que la plante a changé la forme de ses feuilles pour qu’elles ressemblent à celle de la plante artificielle sur laquelle elle s’accrochait, ce qui prouverait qu’il s’agit d’une forme de vision et non d’une communication chimique via l’air ou le système racinaire… Mais je ne trouve la source nulle part, sauf peut-être dans un article en allemand derrière un paywall, ce qui constitue beaucoup d’obstacles que je ne surmonterai pas cette fois. J’ai en revanche trouvé cette chaîne youtube au nom presque mystique : Pil Pil Voqui Can See – Pil Pil Voqui étant le nom chilien de Boquila trifoliolata – qui reproduit cette expérimentation de façon informelle. Ça ne fait pas office de preuve scientifique, mais c’est chouette quand même !
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Cet article raconte la rencontre entre le kudzu et les États-Unis. Pueraria montana est une vigne venue du Japon dont les vertus sont reconnues et exploitées en Asie du Sud-Est depuis des centenaires. Elle est arrivée aux États-Unis à la fin du 19e, lors d’une Exposition Universelle, et recouvre désormais une portion non-négligeable du Sud du pays.
Alors qu’elle était vantée, lors de son introduction, pour l’ombre agréable qu’elle fournit, le peu d’entretien qu’elle nécessite, sa facilité de propagation permettant de recouvrir les sols et éviter leur érosion… plusieurs états interdisent désormais la vente de ses graines (et c’est également le cas en Union Européenne) : elle est devenue une plante envahissante.
À ce propos, je vous recommande vivement cet épisode du podcast Bons Plants sur les espèces envahissantes végétales ou animales – on y parle par exemple du frelon à pattes jaunes, souvent nommé frelon asiatique. Valérie Chansigaud et François Lasserre, les deux invité·es, offrent un point de vue très politique sur cette question mais aussi plus largement sur notre rapport au vivant. (Et ça me donne envie de le réécouter, tiens !)
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Je pense très régulièrement à ce petit strip de Tommy Attwood qui donne la parole à une plante d’intérieur.
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Dans le Timée, Platon explique que l’âme principale de l’humain (enfin “l’homme”) se situe au sommet du corps, nous érigeant à la verticale, notre tête s’enracinant dans le ciel, car nous sommes “une plante, non pas terrestre, mais céleste...”
Chez Aristote, dans le Traité sur les parties des animaux, on retrouve l’idée d’une verticalité commune aux humains et aux végétaux, servant d’argument pour les opposer :
À mesure que la chaleur, qui élève, devient plus faible, et l'élément terreux plus abondant, le corps des animaux est plus petit et les pattes nombreuses ; les pattes finissent même par disparaître et le corps traîne sur le sol. En continuant dans cette voie, les êtres vont jusqu'à avoir le principe vital en bas et la partie où se trouve la tête finit par être immobile et insensible : ils deviennent des plantes avec le haut du corps placé en bas et le bas en haut. En effet, les racines jouent chez les végétaux le rôle d'une bouche et d'une tête, tandis que la semence se trouve à l'opposé : elle se forme en haut à l'extrémité des pousses.
Après avoir lu l’article dont je tire les citations ci-dessus, il m’est arrivé une aventure dont j’ai tiré un micro-drame en 2 actes, intitulé “Arbres”. Je vous le livre ici.
Acte 1
Le boulanger me dit “Bonjour Madame”, je demande un croissant et le jeune homme qui discutait avec lui avant que j’arrive dit, en me désignant du menton “Mais c’est vrai en fait, comment tu sais si quelqu’un est un homme ou une femme ?” Gêné, le boulanger lui répond “Mais arrête on voit que c’est une dame”. J’interviens alors pour dire que c’est vrai que c’est une bonne question, mais je n’ai pas le temps d’entamer la conversation que le jeune homme rétorque au boulanger qu’il y a “des non… des non-binaires truc comme ça”.
Acte 2
Le boulanger me donne mon croissant et le jeune homme renchérit “Ouais c’est vrai on dirait c’est pas des humains” il hésite puis ajoute, rigolard “On dirait, on dirait c’est des arbres !”
Je me dis qu’arbre c’est pas si pire et je paye mon croissant.
Fin.
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Profitant de notre absence, une patate douce a germé dans sa corbeille. On l’a appelée Yolanda (comme le personnage de la série animée Bojack Horseman, une axolotl anthropomorphe dont les houppes branchiales ressemblent beaucoup aux germes pourpres des patates douces) et elle pousse désormais à toute vitesse dans un peu d’eau. Depuis cette photo, elle a tellement grandi qu’elle sera bientôt transvasée dans un pot, avec du terreau.
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Des liens :
J’ai, à une occasion, exprimé sur les réseaux sociaux ma préférence pour le pronom personnel neutre “él” comparativement à “iel”, qui me semble avoir d’abord été pensé pour l’écrit (la présence de cette semi-voyelle /j/ me chagrine) tandis qu’él est l’intermédiaire parfait à l’oral entre elle et il. Je l’emploie lorsque je demande à de jeunes parents “Él a quel âge ?” à propos de leur bébé, ce qui évite de les vexer si j’utilise le mauvais pronom. Mon argumentaire n’a pas eu l’air de convaincre grand monde, il a même vivement contrarié certaines personnes. Il faut reconnaître que, pour le moment, él n’est pas entré·e dans le langage courant, mais je garde bon espoir !
Sphex
Jaggery
Don Belton
Louise Rosenblatt
