Kessel

cailloux n°62

du silence

cailloux*
2 min ⋅ 04/04/2020

"It is good to choose to be silent. It is good sometimes to speak. It is not easy. It is troublesome. It is difficult to be still.
It is difficult to speak in a manner that is worthy of breaking silence. It is good, sometimes, to try."

Ces quelques phrases extraites de cet article de Gavin Craig résument ce que j'essaie de faire lorsque j'écris et envoie cette newsletter. C'est un équilibre précaire, car le silence n'est pas que l'absence de bruit et de paroles. Je trouve du silence dans des écrits, dans des œuvres, dans des actions parfois. Je le perçois comme l'ouverture d'un espace. C'est pour cela qu’ici, je préfère le plus souvent m’exprimer en creux, à travers la parole des autres.

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Cette question me semble d'autant plus importante que, ces derniers jours, nous sommes abreuvés d'informations – contradictoires, changeantes, injustes – et que nous nous pressons pour tenter de faire sens de ce que nous vivons en diffusant des tribunes, des journaux de confinements, des analyses…

La fiction permet parfois d'avoir une intuition du réel, quand il n'est pas encore possible de penser ce qui se joue dans son ensemble. Ces derniers jours, je me réveille durant quelques heures, entre 3 et 6 heures du matin. J'attends que le sommeil revienne, le plus souvent en m'enfonçant dans un vortex de liens hypertextes sur Wikipedia. La nuit dernière j'ai lu deux courtes nouvelles.

"For all the laws of nature that we humans have now broken or bent, sleep remains non-negotiable. Sleep, and the speed of light."

The Sleep Consultant de Robin Sloan (mentionné ici pour son app/histoire Fish.)

“Each one of us checks the obituaries not only to see who has died during the night but also to confirm that it was not us.”

City of Pain de Teju Cole (mentionné ici sur l’espoir, ici sur ce qu’il reste à faire et ici sur l’exil.)

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"I can’t explain this very well but my friend who is a free wild bird chose this time of relational austerity to start standing on my head."

Elisabeth Nicula a pour ami un geai buissonnier (aphelocoma californica). C'est un passereau bleu de la famille des corvidés. Ils sont réputés pour avoir accès à la métacognition – il peuvent notamment planifier des actions pour le futur – et semblent reconnaître les visages humains comme en a témoigné Jenny Odell.

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Je regrette de ne pas pouvoir avoir de jardinières à nos fenêtres. Je vois régulièrement des abeilles et bourdons s'approcher, puis repartir bredouilles. Et je connais peu de choses plus apaisantes et silencieuses que d'observer la beauté minuscule des insectes.

Je me console avec l’exposition en ligne BEES! au Museum of the Earth. On peut y voir de belles photos et tout apprendre de la bee-ology et du bee-havior des abeilles (ha !)

Et si les insectes ne vous passionnent pas, il y a toujours Tomas Tranströmer jouant du piano et récitant son poème Allegro.

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Enfin, si vous devez sortir de chez vous, même pour faire vos courses, munissez vous d'un masque en tissu lavable. C’est un 6e geste barrière qu’il ne faut pas négliger et aura son importance pour protéger tout le monde et éviter un 2e pic de contamination.

On peut en fabriquer rapidement avec des serviettes en papier ou un bandana, mais si vous avez du fil, une aiguille et un peu de coton (de vieux draps par exemple) et une heure ou 2 devant vous, vous pouvez le confectionner vous-mêmes.

J'ai compilé toutes les informations nécessaire sur ce document, sur lequel vous pouvez poser des questions si quelque chose n’est pas clair : http://tinyurl.com/tutomasques2020

Il s'adresse aux personnes qui font bénévolement des masques pour les personnes qui travaillent – vous pouvez le faire aussi ! – mais les informations sont valables pour un usage personnel.

Vous pouvez diffuser ce document largement autour de vous et je serai ravie de recevoir des photos de vos créations.

cailloux*