Kessel

cailloux n°52

des paysages

cailloux*
2 min ⋅ 17/12/2019

“I’ve been listening to fish squawks, burble and pops for nearly 30 years now, and they still amaze me with their variety”

Le chant des poissons.

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“Reefs become ghostly quiet when they are degraded, as the shrimps and fish disappear,” Simpson said, “but by using loudspeakers to restore this lost soundscape, we can attract young fish back again.”

Le silence des récifs coralliens désertés.

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"The problem Hempton hopes to take on is gargantuan. To understand it, try a little experiment: when you reach the period at the end of this sentence, stop reading for a moment, close your eyes, and listen.

What did you hear? The churn of the refrigerator? The racing hiss of passing traffic? Even if you’re sitting outside, chances are you heard the low hum of a plane passing overhead or an 18-wheeler’s air horn shrieking down a not-so-distant highway. If you heard only the sounds of birds and the wind in the trees, you’re one of a lucky few. But it’s likely that quiet won’t last."

Le bruit des humains.

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"Le déni face au changement climatique, aux Etats-Unis, en Australie et, dans une moindre mesure, au Canada, est lié à l’histoire de la colonisation. Ces territoires ont été vus comme une extension de l’Europe. On parlait alors de Nouvelle France, de Nouvelle Angleterre, de Nouvelle Amsterdam… Quand les Européens débarquent en Amérique du Nord pour la première fois, ils n’arrivent pas à croire à la quantité de nature qui les entoure. Ils n’en reviennent pas ! Pour eux, c’est le jackpot au moment où les grandes forêts d’Europe disparaissent, où les zones de pêche sont épuisées, où les grands animaux d’Europe ont été chassés jusqu’à l’extinction. D’un coup, ils découvrent cette doublure, ce continent de rechange, bien plus immense que ce que leurs esprits d’Européens leur permettent de concevoir. On le voit dans les écrits de l’époque : ils n’ont de cesse de décrire cette idée d’infinitude, plus de poissons que de grains de sable, des arbres à perte de vue… Cette idée d’une nature infinie, inépuisable, est restée centrale dans nos récits nationaux. L’idée qu’il faudrait mettre, logiquement, des limites est inimaginable, particulièrement pour les gens les plus attachés à ces récits nationaux."

Naomi Klein, sur l'illusion de l'infinitude des ressources de la nature, indépendante de l'existence des humains, toute prête à être exploitée.

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"Ces morts-là n’ont pas de lieu : je les confie au paysage. Aux forêts. Aux glaciers. En novembre, je connais et comprends dans mes os la consolation des métamorphoses anciennes. «Ses os, ce sont le corail, / Ce que furent ses yeux, les perles. / Rien en lui de périssable / Que des mers ne change le sable / En du riche et de l’étrange…» Le lieu de ceux qui n’en ont pas, c’est la poésie."

Des paysages.
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Il est possible que cette tinyletter soit la dernière de l'année (en fonction de mon inspiration) et la dernière tout court. Non parce que la collecte des cailloux s'arrêterait, mais parce que je songe à migrer vers la plateforme substack pour diverses raisons. J'ai en vérité 3 options : continuer d'utiliser tinyletter malgré ses petits défauts et le fait que la plateforme risque de fermer, utiliser substack, ou bien encore envoyer ces missives "à la main" depuis ma boîte mail vers la vôtre (mais dans ce cas seules les personnes inscrites peuvent lire la newsletter et il sera moins facile de s'y abonner).

Si vous avez un avis sur la question, n'hésitez pas à m'en faire part. Quoi qu'il en soit, je vous souhaite une bonne fin d'année, des compagnons de covoiturage sympathiques – si vous deviez y avoir recours –, l'odeur des clémentines fraîchement épluchées, de bonnes choses à manger, de la douceur d'où qu'elle vienne, et des luttes sociales victorieuses.

cailloux*