Kessel

caillou* n°8

recency bias, Sorry To Bother You, là où se cache la violence

cailloux*
1 min ⋅ 30/09/2018

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Deux articles sur le rapport au présent ("provocations of the Now", "events of the Now") et le recency bias que favorisent internet et plus particulièrement les réseaux sociaux : To survive our high-speed society, cultivate 'temporal bandwidth' – je ne suis cependant pas convaincue par tous les arguments – et How change happens.

Comment ne pas être dans la réaction lorsque l'on porte une parole qui est minoritaire, comment garder une vision d'ensemble lorsque pleuvent les coups? Ça m'a rappelé ce passage de L'Idéologie Raciste de Colette Guillaumin, qui date de 1972 :

Le minoritaire se trouve en fait intégré dans le système symbolique défini par le majoritaire quels que soient par ailleurs ses essais ou ses échecs à se constituer un système propre. Plus encore, ses efforts pour se définir un tel système sont orientés et canalisés par le majoritaire ; il ne peut se définir sur des références internes et indépendantes, il doit le faire à partir des références que lui offre le système majoritaire. L'histoire récente des minorités en offre de bons exemples: le Black Power, le «féminisme», la «négritude sont des systèmes d'opposition, des réponses». On ne peut donc dire à aucun moment qu'il existe des groupes (ou des systèmes) hétérogènes, mais bien un système de référence par rapport auquel les groupes réels – tant minoritaires que majoritaire – se définissent différemment.


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Non sans lien avec ce qui précède, j'ai très envie de voir le film de Boots Riley Sorry To Bother You, et ce d'autant plus après avoir lu ce long article/entretien de Jonah Weiner qui l'interroge sur son parcours, artistique, politique, les deux étant liés, évidemment :

Culture is not a substitute for direct political action, of course, but as Riley has put it, “it tills the soil and gets people ready” — and he has spent his life tilling the soil.


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Une question qui m'obsède depuis plusieurs années, que je me suis posée dans de nombreux contextes (dans des ateliers d'art-thérapie, dans des écoles et dans des crèches, dans des cercles militants, dans la famille, dans le foyer, dans chaque espace partagé) : où est la violence ? Ou plutôt : qu'est-ce qu'on en fait ? Qu'est-ce qu'on en fait quand elle est évidente, qu'est-ce qu'on en fait quand on l'a foutue sous le tapis ?

Une question que beaucoup d'autres personnes se posent, en lien avec le développement d'une culture du self-care en apparence dépolitisée (parce qu'elle ne se pose pas la question de la violence, de la communauté et du temps, justement) : François-Ronan Dubois sur les Minimalistes, Titiou Lecoq à propos du succès d'Eckhart Tolle, Jean-Laurent Cassely sur l'essai d'Eva Illouz et Edgar Cabanas Happycratie, et, même si le lien est peut-être moins évident, Achille Mbembe sur "l'en-commun".

cailloux*