J'ai beaucoup aimé cette interview de Libon, à l'occasion de la sortie de son album "Les Cavaliers de l'Apocadispe, surtout ce passage où il explique sa manière d'écrire les dialogues :
Imaginez-vous revenir du bureau de poste où vous avez assisté à une dispute ridicule dans la queue. Quand vous la raconterez, vous allez imiter les deux personnes, leur ton, faire des grands gestes, et les dialogues vont ressembler à "et gnagna je n'vous permeeet paaas". C'est pas les vrais dialogues, vous brossez juste la scène, et on comprend ce que vous avez trouvé marrant.
J'aime aussi quand il explique qu'il part d'une situation qui le fait rire, et qu'ensuite il réfléchit à comment on est arrivé là, qu'est-ce qu'il se passe après, etc. C'est très différent de ma manière d'écrire des scènes, qui s'apparente plus à une recherche à tâtons dans le brouillard, on prend un chemin, puis un autre, jusqu'à trouver le bon. Je vais peut-être essayer autrement.
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En parlant de chemin, depuis que j'ai déménagé, Google Maps me géolocalise au niveau de ce petit triangle entre l'avenue Pictet-de-Rochemont, la rue de la Mairie et la rue du Nant, alors que je suis dans ma chambre, à plus de 2km de distance. C'est aussi le cas pour une amie qui dort chez nous ces jours-ci, qui se retrouve géolocalisée au même endroit. En revanche, dès que nous allons ailleurs, l'application fonctionne correctement de nouveau.
Notre nouveau logement n'est pas encore répertorié partout, il s'agit d'un nouveau chemin tracé dans la ville, ce qui explique sans doute que nous nous retrouvions dans ce triangle des bermudes genevois. Finalement c'est assez proche de ce que je ressens, une sorte de perte de repère temporaire, perdue dans ce chemin du mois doux, chemin du mois doute…
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J'ai assisté ce matin au séminaire de mon amie Maud Oïhénart, biologiste et illustratrice, qui clôt son travail de recherche sur les lichens du canton de Genève. Cela s'est passé à la Console, très beau bâtiment du Jardin Botanique au bord du lac. Les lichens, nous a-t-elle expliqué, ne sont pas des plantes mais une symbiose entre un champignon et une algue, le champignon se faisant maison pour accueillir l'algue qui en échange lui paie un loyer en photosynthèse (et donc en sucre).
Pour sa recherche sur la diversité des espèces de lichens et bryophytes saxicoles dans le canton de Genève, Maud est allée regarder de près, de tout près une cinquantaine de murs : des murs crépis, des murs en pierres taillées, des murs en boulets jointoyés. Elle a échantillonné chaque mur et l'on peut voir sur ses photos un carré de 30x30cm dessiné à la craie, délimitant de manière assez poétique (bien que tout à fait scientifique) l'espace en question, l'espace que l'on questionne, que l'on scrute. Elle a ainsi permis d'identifier 15 nouvelles espèces de lichens pour le canton de Genève dont 9 nouvelles en Suisse. Il m'a semblé, en l'écoutant parler, qu'elle était une véritable aventurière, quoiqu'il s'agisse d'une aventure miniature.
Ça donne envie, comme elle dit, de "se coller au mur et aller guigner de plus près" ces organismes vivants, de prêter attention au vivant minuscule.
