Kessel

cailloux* n°3

Un poisson, des titres qui scellent ou qui engagent, la mort.

cailloux*
2 min ⋅ 25/08/2018

Cette semaine j'ai téléchargé l'application Fish – a tap essay, conçue par Robin Sloan. Il s'agit d'une réflexion sur la différence entre ce qu'on aime et ce qu'on apprécie sur internet, sur la profusion de choses à lire et sur la façon dont on passe d'une chose à l'autre après avoir liké ou retweeté. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de commencer cette newsletter. Choisir délibérément de prendre du temps pour lire quelque chose, l'archiver et y revenir après quelques jours. Peut-être que ça n'a alors plus beaucoup de valeur, ou peut-être que ça donne envie de l'explorer plus avant. Mais pour le découvrir, il faut prendre le temps et sélectionner.


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J'aime les titres avec passion. Le titre est souvent le point de départ ou le point final de mes projets. Lorsqu'il s'agit d'écriture académique, le titre vient à la fin. C'est qu'il clôt la recherche, il ne peut apparaître que lorsqu'une réponse a été donnée à la question initiale. Pour les projets de création, c'est l'inverse. Je n'arrive à m'investir pleinement dans le travail de recherche que lorsque j'ai trouvé le bon titre. Celui qui ouvre une porte à l'imaginaire, celui qui condense tous les enjeux sensibles qui m'animent.

Il y a un projet sur lequel je veux travailler avec Juliette Mancini. Pour le moment je n'ai pas de titre, alors je range tous les trucs qui peuvent s'y rapporter sous "La mort, la vie", et puis on verra bien. Quand il pourra prendre forme, le titre viendra, j'en suis sûre. Ci-dessous, des cailloux glânés récemment et rangés sur cette étagère.

"I got married, lost my mother to cancer, had a miscarriage, bought a house and gave birth to a child. Experiencing all this in so short a time span made me feel almost too human. […] I lost and simultaneously gained so much."
Allison Arieff, The New York Times, Life is short, that's the point.

"With my eyes shut underneath the bright light, I saw red and orange instead of black—there was still blood moving through my eyelids. I sat for a few minutes like that, seeing if I could hear more if listened harder, but the tick of my heart was it. It didn’t feel like death. It was quite the opposite."
Mark Richardson, Pitchfork, Listening for silence with the headphones off.

"You can think of life as an interruption of an eternity of personal nonexistence."
– Barbara Ehrenreich, Natural Causes: An Epidemic of Wellness, the Certainty of Dying, and Killing Ourselves to Live Longer

(une idée qui résonne avec ce que j'avais écrit il y a quelques temps : « Je crois que si les petits enfants ont un penchant si vif pour les questions métaphysiques, c’est qu’ils sont vivants depuis si peu de temps ; ils ont encore le souvenir du néant. »)

Et puis, ces images absolument folles d'une doline en pleine ville au Guatemala. De quoi alimenter mes cauchemars.

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Le Courrier a rencontré Juliette Mancini lors du vernissage de son expo à Papier Gras et on peut lire l'article ici.
« L'amie comédienne » c'est moi ! D'ailleurs, le titre du court-métrage qu'on a co-réalisé, La Société des amis du rêve, je l'ai volé à Michel Gribinski dans Dialogue sur la nature du transfert. Si vous êtes à Genève vous devriez passer voir les originaux de sa BD, De la chevalerie, si non vous devriez vous la procurer car elle vient d'être rééditée chez Atrabile.

cailloux*