Kessel

cailloux n°10

Samuel Beckett, un hippocampe, le rêve et la VR

cailloux*
2 min ⋅ 14/10/2018

Illustration de Paul D. McLean pour sa théorie du système limbique centrée autour de l'hippocampe, représenté ici en bleu sous la forme d'un hippocampe.

Ce mardi, la programmation du GIFF (Geneva International Film Festival) (se prononce /gif/ et non pas /ʒif/ comme je le fais systématiquement) a été dévoilée. Notre spectacle 24/7 (collectif INVIVO) y jouera donc pour 40 spectateurs deux fois par jour (trois en réalité mais la séance de l'après-midi est réservée aux scolaires) du 5 au 10 novembre prochain dans l'ancien MàD de Genève.

Les réservations sont possibles (et indispensables) sur le site du GIFF : https://2018.giff.ch/events/24-7/

Le même jour est paru un article dans Le Temps à propos de 24/7 : Au GIFF, une nuit de sommeil en trente minutes d'Anouch Seydtaghia.

Emmanuel Cuénod, directeur du GIFF, est cité :

«En général, les mélanges entre la scène théâtrale et les expériences immersives ne sont pas très réussis. Mais ce spectacle relève très bien ce défi. Il y a aussi une maîtrise non seulement du langage du théâtre, mais aussi du cinéma.»


C'est flatteur, et cela fait écho à un article de Christelle Granja à propos de 24/7 et de la VR au théâtre en général, paru dans Socialter en mai dernier, Rêver en VRai :

« C’est pour l’heure une excroissance qui ne parvient pas à s’intégrer au théâtre et qui ne contribue pas, à mon sens, à créer un nouveau langage scénique », analyse Josette Féral.


Je crois que Josette Féral n'a pas vu 24/7, c'est dommage d'ailleurs, j'aurais aimé pouvoir lire son avis, car c'est précisément ce que nous voulons faire avec INVIVO : créer un nouveau langage scénique.

À mon sens, ce n'est pas que les rencontre entre théâtre et VR ne sont pas réussies car il y aurait une incompatibilité fondamentale entre ces médiums, mais qu'il n'y a pas encore eu suffisamment de tentatives ambitieuses. Beaucoup de créations VR sont des expérimentations nécessaires, mais qui ne cherchent pas à pousser la technologie au-delà de ce qu'elle propose. Mais si la VR se développe constamment, c'est aussi sous l'impulsion de créateurs et créatrices qui cherchent à l'emmener sur de nouveaux territoires, dont celui du théâtre. Et effectivement, la séduction de la nouvelle technologie ne dispense pas du travail de la dramaturgie. Il devient peut-être même plus ardu.

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Quel dommage que je n'aie pas rencontré Paul Deharme avant que nous n'écrivions 24/7 ! Guillaume Abgrall a écrit pour Syntone Paul Deharme (1898-1934), « Le goût et le sens du merveilleux », un article dont j'ai corné virtuellement chaque paragraphe. Il cite Pour un art radiophonique, écrit en 1930 :

« Le film radiophonique consistera en scénarios rédigés et lus selon certaines règles qui faciliteront à chaque auditeur en état de demi-sommeil l’adaptation automatique de ces scénarios à sa propre personnalité : il vivra un rêve dirigé. ». Deharme, fortement marqué par la publication en France en 1927 des essais de psychanalyse de Sigmund Freud, prend ainsi le contrepied de l’usage de l’inconscient fait par ses contemporains surréalistes : « Le rêve n’est plus l’origine de l’œuvre, il en est le but. »


« Le rêve n’est plus l’origine de l’œuvre, il en est le but. » voilà une phrase que je m'approprie, que je comprends sans comprendre et à laquelle je compte bien revenir.

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Un tweet de Didier da Silva me rappelle cette mirlitonnade de Samuel Beckett :

rêve
sans fin
ni trêve
à rien

cailloux*