Kessel

cailloux n°93

who be eating cookies?

cailloux*
2 min ⋅ 04/12/2021

Un de mes cours préférés en licence de psychologie a été celui sur l’acquisition du langage – dont j’ai conservé un réservoir à anecdotes scientifiques sur la discriminations des langues chez les nourrissons, la surdité phonologique, le babillage en langue des signes, ou la continuité de la grammaire enfant-adulte, qui me permettent de briller en soirée (ou pas ?). Sans doute mu par la même fascination pour le mystère de l’acquisition du langage, un père a consigné les mille premiers mots prononcés par son enfant. On peut consulter cette liste passionnante, constituée de mots de français, arabe et anglais sur un fichier excel en ligne.

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Cette recherche de 2005 par Jackson & Green étudie les nuances entre anglais afro-américain et anglais américain standard. L’étude compare la compréhension, chez les enfants, de be quand il est copule (par exemple “Dee is in the house”), auxiliaire (“Dee is running”) ou aspectuel (“Dee be in the house”, “Dee be running”). Lorsque be est aspectuel, cela suggère qu’il s’agit d’une habitude, indépendamment du fait que Dee soit à la maison ou en train de courir au moment où l’on parle.

Dans l’expérience, on raconte aux enfants une histoire accompagnée de dessins représentant plusieurs personnages de l’émission de télévision Sesame Street. Cookie Monster (qui, comme son nom l’indique, mange habituellement des cookies) est montré malade dans son lit, tandis qu’Elmo est en train de manger des cookies. À la question “Who is eating cookies”, les enfants des deux groupes (locuteurs de l’anglais afro-américain et anglais américain standard) répondent correctement : c’est Elmo qui est en train de manger des cookies. En revanche, lorsqu’on leur demande “Who be eating cookies”, les enfants qui ne parlent pas l’anglais afro-américain ne perçoivent pas qu’il s’agit d’une habitude et traitent le be comme un auxiliaire, tandis que les autres répondent correctement : c’est bien Cookie Monster (Macaron le glouton, en français) qui mange habituellement des cookies.

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Un autre usage non-standard de be est l’agentive be, dont on trouve un exemple dans le joli livre pour enfant Julián is a mermaid de Jessica Love. Julián est un petit garçon afro-latino-américain, qui rencontre des jeunes femmes habillées en sirènes dans le métro, alors qu’il revient de la piscine avec sa grand-mère. Une fois rentrés à la maison, celle-ci lui dit “You be good” et part se doucher. Pendant ce temps, Julián, ébloui par sa rencontre du métro, coupe quelques feuilles d’une fougère, emprunte du rouge à lèvres à sa grand-mère et s’enroule dans un rideau pour devenir, à son tour, une sirène. Quand elle sort de la salle de bain et découvre tout cela, Nana n’a pas l’air très content, et Julián a quelques regrets… mais ce n’est heureusement pas la fin de l’histoire, qui se termine en beauté à la Mermaid Parade de Coney Island, avec Julián, son abuela et plein de sublimes créatures marines. (Et si vous cherchez un cadeau pour un·e enfant de votre entourage, l’album existe aussi en français sous le titre Julian est une sirène, traduit par Sylvie Goyon).

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Pourquoi des emojis dont le genre n’est pas déterminé ont progressivement été ajoutés au standard Unicode, comme, par exemple, l’emoji merperson 🧜 (spoiler : cela a à voir avec les problèmes d’interopérabilité entre les plateformes (google, apple, samsung, etc.) et avec le patriarcat.)

Think of it this way: “gender-inclusive” emoji are intended to be unmarked or ambiguous and represent a spectrum of gender presentation — not exclusively or explicitly represent only people with non-binary gender identity or presentation. This is tricky since there is no one way in which a non-binary individual (or person of any gender) can or should present so we try not to suggest otherwise. Sometimes a Doctor is just a Doctor.

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J’avais déjà partagé un document listant des propositions de traductions de l’anglais vers le yiddish de termes et expressions en lien avec le mouvement anti-raciste aux États-Unis. Aujourd’hui, une liste de vocabulaire anglais-yiddish pour parler des expériences trans et non-binaires, par Sasha Berenstein, dont voici quelques exemples :

agender
אָ֜נמיניק
[ónminik]

cisgender
צי֜סמיניק
[tsísminik]

transgender
טראַ֜נס…; טראַ֜נסמיניק
[tráns…; tránsminik]

gender binary
די צװײ֜יִקע מי֜ן־סיסטע֜ם
[di tsvéyike mín-sistém]

nonbinary
או֜מצװײיִק
[úmtsveyik]

I use they/them pronouns.
איך ניץ דעם פּראָנאָם זײ
[ikh nits dem pronóm zey]

cailloux*