Aujourd’hui je puise exclusivement dans mon tiroir intitulé “Vivant minuscule” pour bricoler cette lettre. On y parlera plus spécifiquement d'abeilles, sociales et solitaires. Et si vous voulez savoir par où commencer pour aider ces êtres à survivre, rendez-vous en bas de page.
© Jorge Genise, National Geographic
More than 100 million years ago, bees living in what's now Patagonia nestled into fairly fresh volcanic ash. These preserved nests now represent the oldest known fossil traces of modern bees.
Ces fossiles de nids d'abeilles ont permis d'établir qu'il y a environ 114 millions d'années, les abeilles et les plantes à fleurs ont commencé à évoluer conjointement.
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J'ai appris récemment que les abeilles du genre Colletes sont appelées en anglais cellophane bees car elles sécrètent un polyester dont elles recouvrent les parois de leurs nids souterrains pour le protéger de l'humidité et des champignons.
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Grâce à la fameuse “danse des abeilles”, les abeilles sociales savent communiquer l'emplacement des sources de nourriture à leurs congénères. De plus, elles peuvent le faire dans des moments où aucune d'entre elles ne va s'y rendre immédiatement. Elles ont accès à une mémoire spatiale hors contexte ; avant minuit, elle parlent des lieux visités le soir précédent, à l'aube, les lieux visités le matin d'avant. J’avais parlé de ces “discussions” dans une lettre de décembre 2018.
Si tout cela reste très mystérieux, cet article explicite – avec une vidéo à l'appui – le code derrière cette danse, qui permet de donner des indications quand à la direction, la distance et l'abondance de nourriture disponible.
Les abeilles effectuent une danse dans laquelle elles font vibrer leur abdomen de façon à décrire l'angle, par rapport au Soleil, qui indique la direction de la nourriture, par exemple, 270° par rapport au Soleil (0° est la direction du Soleil, 180° est la direction opposée, 270° est à gauche). Pour la distance, l'abeille fait varier la durée de la vibration de son corps: une seconde équivaut à environ 750 mètres. Enfin, plus la source de nourriture est abondante, plus l'abeille va répéter la danse, et effectuer des rotations rapides.
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Should you keep bees? Un article expliquant pourquoi se mettre à l’apiculture à tout va dans l’espoir de “sauver les abeilles” peut faire plus de mal que de bien. Cela semble pourtant une idée généreuse ; en effet, les population d'abeilles s'effondrent car elles sont sensibles à l'usage intensif des pesticides et à la raréfaction de leur nourriture principale : le nectar de fleurs variées. Mais elle sont aussi victimes de parasites – dont le varroa destructor – qui les déciment. Sans une connaissance pointue des mesures à prendre pour les en protéger, elles risquent de mourir mais également de contaminer d'autres essaims et d'autres pollinisateurs.
De plus, le regain d'intérêt pour l'apiculture implique une focalisation sur les abeilles sociales et mellifères. Sociales et solitaires se retrouvent ainsi en concurrence pour les ressources alimentaires, au détriment des solitaires qui représentent une immense diversité d’espèces.
D’une certaine manière c’est la même logique qui est à l’œuvre lorsque l’on veut “sauver les forêts” en concentrant les efforts sur la plantation d’arbres dans des monocultures.
Des monoculture d'eucalyptus destinés à être coupés et replantés tous les 10 ans pour produire du papier n'offrent pas la biodiversité nécessaire à la survie des espèces, ne peuvent pas développer de réseau mycorhizien (ou wood-wide-web) leur permettant d'être en bonne santé et absorbent 40 fois moins de CO2 que des forêts naturelles. Ces forêts naturelles que nous persistons, dans le même temps, à détruire pour exploiter toujours plus de terres, pour planter toujours plus de soja, pour nourrir toujours plus d'animaux, que nous tuerons et mangerons – ou dont les restes seront jetés, comme 1/3 de la production globale de denrées alimentaires.) D’où la nécessité, encore et toujours, de soutenir les peuples autochtones des forêts du monde entier qui luttent depuis des décennies pour protéger leur habitat dans toute sa diversité. 80% de la biodiversité de la Terre est sur les territoires de ces peuples, qui sont déplacés, enfermés, tués, forcés à quitter leur mode de vie traditionnel pour travailler à la destruction de leur propre habitat, tout ça pour exploiter leurs terres, parfois au prétexte de la “conservation” des animaux et de la nature par des associations telles que WWF – fin de la digression.
En bref, on ne “sauve” pas grand monde avec une vision-tunnel et des solutions tout-en-un. Le meilleur moyen d'aider les abeilles n'est pas de devenir apiculteur du dimanche. Planter des espèces végétales indigènes que les abeilles apprécient – des graines ou plants bio, non-F1 et sans traitements pesticides – dans vos jardinières, votre jardin si vous en avez un, voire se lancer dans la green guerilla en fertilisant les trottoirs et les terrains vagues est une meilleure stratégie. De la même manière : ne pas "nettoyer" les espaces verts en permanence, laisser des coins où les abeilles solitaires peuvent établir leur nid ; tas de bois sur le sol, coins de terre sablonneuse laissés en friche, anfractuosités dans les murets… Cette stratégie bénéficiera aux abeilles, à tous les pollinisateurs et aux insectes en général.
Enfin, une information qui m'a remplie de joie : il faut planter des tournesols à proximité de toutes ces fleurs que les abeilles butinent. C'est bon pour l'âme des humains, pour les oiseaux qui aiment leurs graines, et pour les intestins des bourdons.
