Gustave Courtois, Orphée, 1875, huile sur bois
Il y a quelques semaines j’ai assisté à une représentation, dans une maison familière, de La Mort n'est que la mort si l'amour lui survit : histoire d'Orphée de Jean-Pierre Siméon. C’était beau.
c'est le secret d'Orphée oui tout est là
ce savoir enfantin de la nuit
il a vu il a senti il a compris l'obscur
l’obscur que l'oiseau porte sous son aile
qui nourrit la racine de l'olivier
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Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, c’est poésie.
If you are 5 and you point to a sycamore or an idle backhoe or a neighbor stooped over his garden… and utter “vanish” or utter “varnish” you will never be only incorrect; if your parent or guardian is curious, she can find a meaning that makes you almost eerily prescient.
– Ben Lerner, The Hatred of Poetry
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Je conseille cette captation d’une conférence-performance de Victor Pouchet, qui pose 18 questions sur la vie et la poésie. Où l’on découvre l'importance des imprimantes wifi et le ridicule de la poésie, où est avancée l'hypothèse qu'Orphée s'est littéralement fait ghoster par Eurydice, enfin où l’on apprend que le contraire de la mélancolie c'est la salade. Seul regret : ne pas y avoir assisté en personne pour profiter du final tel qu’il s’est passé, après que la vidéo s’arrête.
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Mon poème préféré, j’en ai déjà parlé, est l’œuvre d’un enfant de 6 ans :
The tiger
He destroyed his cage
Yes
YES
The tiger is out– Nael
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Le film Paterson de Jim Jarmusch, raconte une semaine de la vie très hebdomadaire d’un chauffeur de bus et poète nommé Paterson qui vit dans la ville du même nom.
Les poèmes du film ont été écrit par Ron Padgett, auteur du poème pratique How to be perfect, dont voici un extrait :
Grow something.
Do not wander through train stations muttering, “We're all going to die!”
Count among your true friends people of various stations of life.
Appreciate simple pleasures, such as the pleasure of chewing, the pleasure of warm water running down your back, the pleasure of a cool breeze, the pleasure of falling asleep.
Do not exclaim, “Isn't technology wonderful!”
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A Small Needful Fact
Is that Eric Garner worked
for some time for the Parks and Rec.
Horticultural Department, which means,
perhaps, that with his very large hands,
perhaps, in all likelihood,
he put gently into the earth
some plants which, most likely,
some of them, in all likelihood,
continue to grow, continue
to do what such plants do, like house
and feed small and necessary creatures,
like being pleasant to touch and smell,
like converting sunlight
into food, like making it easier
for us to breathe.– Ross Gay
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Je réalise que la plupart des poèmes que j’aime sont en anglais, peut-être parce que je suis une personne légèrement différente dans cette langue devenue intime que dans ma langue natale. D’ailleurs, la seule chose qu’il me reste des cours de littérature du lycée est un vers emprunté à l’anglais par Yves Bonnefoy dans Les Planches courbes.
Et alors un jour vint
Où j'entendis ce vers extraordinaire de Keats,
L'évocation de Ruth « when sick for home,
She stood in tears amid the alien corn ».
Or, de ces mots
Je n'avais pas à pénétrer le sens
Car il était en moi depuis l'enfance,
Je n'ai eu qu'à le reconnaître, et à l'aimer
Quand il est revenu du fond de ma vie.
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Au-delà des poèmes, il y a aussi la poésie d’une station de métro
Ici, en France, aussitôt a mon arrivée à Paris, on a traduit mon nom allemand de Heinrich en celui d’Henri, je m’y suis accommodé, il l’a bien fallu, et j’ai pris moi-même ce nom, car le mot Heinrich ne convient pas à l’oreille française, et en général les Français disposent toutes les choses du monde à leurs aises. Jamais non plus ils n’ont su prononcer convenablement le nom de Henri Heine, et pour la plupart je m’appelle Monsieur Enri Enn; beaucoup réunissent les deux en un seul, et disent Enrienne, quelques-uns m’appelèrent Monsieur Un Rien.
Hier in Frankreich ist mir gleich nach meiner Ankuunft in Paris mein deutscher Name « Heinrich » in « Henri » übersetzt worden, und ich mußte mich darin schicken und auch endlich hierzulande selbst so nennen, da das Wort Heinrich dem französischen Ohr nicht zusagte und überhaupt die Franzosen sich alle Dinge in der Welt recht bequem machen. Auch den Namen « Henri Heine » haben sie nie recht aussprechen können, und bei den meisten heiße ich Mr. Enri Enn; von vielen wird dieses in ein Enrienne zusammengezogen, und einige nannten mit Mr. Un Rien.
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La poésie de la lumière du soleil (quand elle rencontre du citrate d'ammonium ferrique et du ferricyanure de potassium).
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La poésie d’un rapport d’investigation, ou comment les versions expurgées du Report On The Investigation Into Russian Interference In The 2016 Presidential Election ou du 9-11 Commission Report inspirent les adeptes du caviardage recouvrir d’encre noire un mot ou un passage entier d’un texte.
[Erasure poetry] tends to pop up in “a kind of society with a culture of suspicion—a suspicion that things are being held and withheld from individuals,” said Srikanth Reddy, a poet who works in the form. “It’s almost always kind of motivated by political concerns.”
[…]
An erasure poem may look like a redacted document, but it has the opposite aim: to elucidate a hidden truth, not hide an obvious one; to create something new, not just remove what’s there.
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La poésie d’un CAPTCHA.
"I'm a human. I'm not a robot. Remember me." (login screen poetry)
